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Le portrait

Gilles Kepel, islamo-sceptique

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Rencontre avec le chercheur et universitaire, spécialiste du monde arabo-musulman, qui arrive au bout de ses travaux sans illusion sur l’évolution de l’islamisme.

Gilles Kepel, le 19 février, à Paris. (Jérôme Bonnet/Libération)
ParHala Kodmani
photo Jérôme Bonnet
Publié le 07/03/2021 à 18h26

Enchanté d’avoir enfin son portrait de der dans Libé, Gilles Kepel a tellement hâte de se livrer à l’exercice qu’il a préparé un autoportrait. Après un accueil chaleureux entre vieilles connaissances et quelques mots d’arabe en guise de complicité, il prend les commandes. Décrit sa «venue au monde de façon précipitée d’un père tchèque tout récemment naturalisé français». Sa naissance a évité à son père, comédien et metteur en scène de théâtre qui sera ensuite traducteur de Václav Havel, d’aller combattre en Algérie. Enfance à Nice chez sa grand-mère. Mort de sa mère, prof d’anglais, dans un accident de la route, alors qu’il vient d’avoir 18 ans. Il met en avant ses échecs en gage de sincérité. Evoque le mauvais élève qu’il était. Le «lamentable» ratage du concours de l’Ecole normale supérieure (ENS) où il obtient 4 /20 en philo comme en histoire. Puis son amoureuse qui le lâche pendant son premier voyage en Méditerranée. C’est par mer qu’il débarque en terre arabe l’été 1974, à Lattaquié sur la côte syrienne. Parti avec un copain en stop, il passe par la Turquie, le Liban, l’Egypte. Ses débuts difficiles ne font que valoriser sa réussite d’aujourd’hui. Sa revanche sur l’ENS où le professeur Kepel tient désormais la «chaire d’Excellence Moyen-Orient Méditerranée» éclate dans le vaste bureau où il nous reçoit, rue d’Ulm. Vue sur le jardin intérieur arboré. Décor étudié de bon goût avec juste ce qu’il faut de touche orientale. Au mur, une viei

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