C’est une file de rock star le long de la place Marcelin-Berthelot, en plein cœur du Quartier latin parisien. Des femmes et des hommes, beaucoup de retraités, mais aussi quelques étudiants et des trentenaires sont venus écouter Patrick Boucheron en cet après-midi de janvier au Collège de France. «J’ai vu des vidéos de lui, il est génial», lance un spectateur. «Il a son public», acquiesce un autre moins démonstratif. Derrière, un volubile sexagénaire, cahier de notes à la main : «C’est le Fabrice Luchini du Collège de France ! Il attache plus d’importance à l’effet de ses mots qu’à son discours. Ceci dit, on apprend toujours des choses : c’est là que j’ai découvert que Jean II le Bon était le père de Jean de Berry… Vous voyez ?» L’orateur du jour est prévenu : son auditoire est fidèle, mais n’en reste pas moins exigeant et même taquin. A l’intérieur, son cours hebdomadaire est retransmis dans une autre salle pour ceux qui n’ont pas pu se ruer sur l’une des 420 places de l’amphithéâtre Marguerite-de-Navarre. On demande à un technicien si c’est toutes les semaines comme ça. «Pour monsieur Boucheron ? Tout le temps.»
Une décennie que le médiéviste occupe la chaire «Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle» au sein de la prestigieuse institution. Le public est toujours au rendez-vous. Pour son intervention cette année, gratuite et en accès libre – une spécificité du Collège de France – le professeur s’intéresse aux «lieux de pou




