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Prédation

Judith Godrèche et les fragments d’une enfant retrouvée : «Les mots m’appartiennent de nouveau»

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L’actrice et réalisatrice, figure de #MeToo en France, publie ce vendredi 9 janvier «Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux» (Seuil), pêle-mêle aux allures de dossier judiciaire, évocation douce-amère de l’adolescente qu’elle était dans ces années 80 où l’érotisation des mineures au nom de l’art était un sport du dimanche.

Judith Godrèche à Paris, le 8 mai 2024. (Marie Rouge/Libération)
Publié le 09/01/2026 à 18h43

C’est un collage de phrases, imprimées ou écrites à la main dans des cahiers ronéotypés, de photos en noir et blanc, un récit fragmenté poignant et glaçant. Une quête éperdue, perdue d’avance, et pourtant une victoire. Celle d’une femme de 53 ans qui tente de retrouver l’enfant qu’elle était à 14 ans. Celle qu’elle était avant «le viol de son corps», «le vol de ses mots». Et qui au fil des pages, rencontre l’autrice qu’elle a toujours été.

«Je vais vous raconter une histoire décousue, celle d’une enfant qui s’en sort. Il faudra s’accrocher. Mais je serai là tout du long. Je garderai vos corps. Quand les mots s’enchaîneront sans logique tenez bon ils feront sens, peu à peu. Je m’en charge. Comptez sur moi pour ne pas vous perdre», nous prévient-elle. En 288 pages, l’actrice, autrice et réalisatrice Judith Godrèche pratique une chimie littéraire explosive et organique, elle rend compte sans régler ses comptes, se cherche et se malmène. Elle nous malmène et nous aime, nous qui fûmes les spectateurs voire les complices de son parcours.

Passé lointain et passé proche

Avant d’aller plus loin, la loi nous oblige à un rappel du cadre légal dans lequel ce livre et cet

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