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La justice, «laxiste» avec les délinquants mais «sévère» contre Sarkozy… vraiment ?

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Cet argumentaire, largement développé au lendemain du verdict visant l’ancien président, est un mythe qui ne résiste pas aux chiffres, explique l’avocat pénaliste Martin Vettes.

Nicolas Sarkozy, après l'annonce du jugement au tribunal de Paris, le 25 septembre 2025. (Denis Allard/Libération)
Par
Martin Vettes, avocat au barreau de Paris
Publié le 29/09/2025 à 6h43

Une semaine aura suffi à cristalliser la schizophrénie ambiante : d’un laxisme indigne quand elle remet en liberté certains mis en cause dans l’affaire de Tourcoing, la justice se montrerait d’une intransigeance tout aussi indigne quand elle condamne Nicolas Sarkozy.

Cette opposition grandissante entre une justice taxée de laxisme envers les délinquants de droit commun et implacable avec ses prétendus ennemis idéologiques, accusés d’infractions perçues comme moins graves que les premiers, ne repose sur aucune base factuelle sérieuse. Cela relève même du mythe.

Un mythe relayé en abondance par de nombreuses personnalités publiques, un mythe (presque) jamais questionné par les journalistes. Résultat, l’idée fausse d’une justice trop clémente est ancrée dans l’esprit du public, et ce «constat» erroné est partagé par les Français (certains sondages nous révèlent que 80 % d’entre eux la trouvent trop faible). C’est une calamité démocratique.

En effet, dire que la justice est laxiste n’est pas une petite accusation. Cela sous-entend qu’elle ne protège pas les Français en ne sanctionnant pas, ou pas

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