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Féminismes

«La militarisation de la société turque favorise les violences contre les femmes»

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Les mouvements féministes, derniers remparts au projet islamo-conservateur d’Erdogan en Turquie, sont la cible d’une répression accrue de l’ensemble des luttes sociales dans le pays, selon la sociologue franco-turque Pinar Selek, dont Ankara demande la condamnation à perpétuité.

Lors de la manifestation, le 17 avril 2022 à Istanbul, de l'association We Will Stop Femicide, poursuivie depuis mi-avril par la justice turque. (Erhan Demirtas/NurPhoto. AFP)
Publié le 05/06/2022 à 10h25

En Turquie, en l’absence de chiffres officiels en la matière, seul le travail d’associations comme la plateforme «We Will Stop Femicide» permet de saisir l’ampleur des crimes contre les femmes. Pourtant, celle-ci est poursuivie depuis mi-avril devant la justice pour «activités contraires à la loi et la morale» et menacée de dissolution. Alors que l’audience vient d’être reportée à l’automne, Pinar Selek, maîtresse de conférences à l’Université Côte d’Azur (UCA) et spécialiste des mouvements sociaux, réinscrit ce procès dans le virage répressif du gouvernement contre les féministes, premières adversaires au projet de société islamo-conservateur porté par Erdogan. Réfugiée en France en 2011, la sociologue désormais franco-turque fait elle-même l’objet d’un procès à Ankara où elle risque la condamnation à perpétuité pour terrorisme, concernant des faits pour lesquels elle a déjà été relaxée trois fois.

Pourquoi poursuivre une ONG qui lutte contre les féminicides ?

Ce procès s’inscrit dans une politique de durcissement de la répression de l’ensemble des luttes sociales, dans lesquelles le mouvement féministe joue depuis les années 2000 u

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