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La vengeance des femmes, un mythe inventé pour venger les hommes

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Au cinéma, mais pas seulement, les récits invoquant la colère féminine sont moins le reflet de la réalité que celui d’une inquiétude : celle des dominants quand l’objet de leur emprise leur échappe, analyse dans un essai la chercheuse Dominique Memmi.

Sandrine Bonnaire et Isabelle Huppert dans le film «la Cérémonie», réalisé en 1995 par Claude Chabrol. (MK2 Productions)
Publié le 21/11/2025 à 9h40

Qu’ont en commun un film comme la Cérémonie (1995) de Claude Chabrol, librement inspiré de la vengeance meurtrière des sœurs Papin sur leurs employeuses, et les discours masculinistes présents chez certains pères séparés? A priori, rien. Posons la question autrement : qu’ont en commun les fictions représentant la vengeance de domestiques, et les appels à sauver une masculinité en danger ? Dans un registre différent, les deux mettent en scène une menace, celle que les femmes, qu’elles soient bonnes ou mères, représenterait à l’endroit de leurs employeurs, ou du masculin. Soit contre ceux qui, autrefois, bénéficiaient d’une position dominante dans ces deux types de relations.

Cette menace est-elle réelle ? Non, tranche la sociologue Dominique Memmi dans un essai habile intitulé la Vengeance des femmes. Entre réalité et fiction cinématographique (PUF). Elle ne se contente pas d’utiliser le cinéma comme simple illustration, elle articule un propos sur les conséquences du féminisme et une réflexion esthétique sur le rapport du cinéma au réel. Les films, écrit Dominique Memmi, offren

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