A voir l’omniprésence des écrans crachant du CNews du matin au soir dans les PMU de France et de Navarre, l’idée pourrait sembler contre-intuitive. Et pourtant : à en croire une étude de l’Observatoire du bien-être, dirigé par l’économiste Claudia Senik, ce n’est pas quand les bars-tabacs sont ouverts que progresse le vote d’extrême droite, mais quand ils ferment.
Tout à fait sérieuse, cette enquête menée pour le Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap) s’inspire d’une enquête similaire qui a conclu à un lien de causalité en Grande-Bretagne entre fermeture des «community pubs» et vote pro-Brexit. Déclinée en France, elle repose sur une source aussi originale que inédite : le registre administratif des terminaux de jeux de la Française des jeux. Ces derniers sont présents dans 30 000 points de vente, et 17 000 communes réparties sur tout le territoire.
Grâce à ce registre, l’étude a pu mettre en lien la fermeture de 18 000 de ces établissements entre 2002 et 2022, et les résultats des élections législatives et présidentielles sur vingt-cinq ans. Si les conclusions n’amènent pas à tirer une grande théorie générale selon laquelle rouvrir les bistrots résoudrait tous les problèmes sociopolitiques du pays (nul doute que cela en entraînerait d’autres), ils concluent néanmoins à un effet de causalité précis et mesurable entre fermeture des PMU et essor du vote RN.
D’abord, cet effet se joue donc sur le temps long, à la façon d’une bombe à retardement,




