Menu
Libération
Droit de suite

Le «corbeau» du Collège de France, sa caméra dans les toilettes et l’enquête qui patine

Réservé aux abonnés

Il y a près de trois ans, «Libération» révélait qu’un agent du CNRS était suspecté d’avoir harcelé une neurobiologiste avec des lettres anonymes et d’avoir dissimulé une caméra dans les toilettes pour femmes. Les victimes dénoncent depuis l’extrême lenteur de l’enquête malgré les nombreuses preuves matérielles.

Un agent administratif du CNRS est soupçonné d’avoir dissimulé une caméra dans les toilettes pour dames d’un bâtiment du Collège de France. Ici, la façade du Collège, à Paris, en 2025. (Carine Schmitt /Hans Lucas. AFP)
Publié le 25/11/2025 à 16h45

Quand l’évidence saute aux yeux de tous, il arrive parfois que la lenteur d’une procédure judiciaire empêche les victimes d’avancer. Un cas d’école : Anne (1) est neurobiologiste au Centre interdisciplinaire de recherche en biologie (Cirb), abrité par le Collège de France. Elle ne pensait pas être un jour la cible d’un harcèlement à caractère sexuel sur son lieu de travail. Et pourtant, entre 2019 et 2020, un mystérieux «corbeau» a envoyé des lettres contenant des photos d’elle et des informations personnelles à son entourage professionnel. Le suspect, un agent administratif du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) qu’elle croisait quotidiennement, est également soupçonné d’avoir dissimulé une caméra dans les toilettes pour femmes d’un bâtiment du Collège de France ainsi qu’une autre sous le bureau d’Anne.

Lorsque Libération révèle l’affaire en janvier 2023, la scientifique n’est plus inquiétée : le présumé coupable a été suspendu de ses fonctions par son employeur et fait l’objet d’une enquête par le parquet de Paris après avoir été placé en garde à vue. Libé avait alors raconté la gestion tardive et dysfonctionnelle de l’affaire par les trois institutions concernées, l’Inserm, qui emploie Anne, le CNRS, et le Collège de France. La neurobiologiste avait dû se battre pour se faire entendre auprès des trois tutelles, d’autant qu’elle n’était pas la seule victime.

Expertises psychiatriques

Au total, 26 plaintes contre X, émanant d’étudiantes qui utilisaient les toilet

Dans la même rubrique