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Le Sénat fête ses 150 ans, dépoussiérons-le !

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Manque de représentativité, éloignement des citoyens, chambre d’enregistrement silencieuse de lois conservatrices… Faire entrer l’institution dans le XXIe siècle est un impératif démocratique, plaide la plus jeune sénatrice française, l’écologiste Mathilde Ollivier.

Mathilde Ollivier sénatrice depuis 2023. (Camille McOuat/Libération)
Par
Mathilde Ollivier, sénatrice EE-LV des Françaises et Français établis hors de France
Publié le 12/11/2025 à 15h50

Le Sénat célèbre cette année ses 150 ans. Un siècle et demi d’existence pour une institution qui se veut garante de la stabilité républicaine et centrale dans l’histoire politique de notre pays.

En 2023, j’ai fait mon entrée dans la chambre haute à 29 ans, devenant la plus jeune sénatrice de la Ve République. En une semaine, tout y est passé : chemisier et sac à dos «pas assez chic», combinaison «première fois qu’on voit ça à la buvette», baskets «inadmissible pour l’élection du président du Sénat». S’il me restait un doute sur mes trente ans d’écart avec la moyenne d’âge de mes collègues, il s’est vite dissipé.

Le Sénat demeure une institution où la représentation — sociale, générationnelle ou de genre — reste une bataille en soi. Avec un âge moyen de 59 ans et seulement 20 % de femmes maires pour 36 % de sénatrices, la Haute Assemblée reflète surtout la sociologie de ceux qui peuvent encore s’engager. Manque de temps, indemnisations, pressions, peur de l’exposition : autant de freins qui entretiennent une représentation inégale. Lever ces barrières, c’est permettre à la démocratie de se renforcer à chaque échelon du territoire.

Cette réalité se reflète aussi dans les choix législatifs et symboliques de la majorité. Dès mon arrivée à la commission de la culture, le ton était donné : premier texte, première intervention, et déjà un symbole - «l’interdiction de l’écriture inclusive». Exit l’

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