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Libérez Ibtissame Lachgar, condamnée au Maroc pour avoir publié une photo d’elle avec un tee-shirt «Dieu est lesbienne»

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Arbitrairement détenue depuis 125 jours, la militante féministe a perdu l’usage de son bras et risque l’amputation, alertent ses avocates. Elles demandent à la diplomatie française d’intervenir auprès des autorités marocaines.

Ibtissame Lachgar. (DR)
Par
Ghizlane Mamouni, avocate aux barreaux de Rabat et de Paris
Chirinne Ardakani, avocate au barreau du Val-d’Oise
Publié le 16/12/2025 à 16h56

«Dieu est lesbienne.» Trois mots qui ont valu à notre cliente, la psychologue et militante féministe marocaine Ibtissame Lachgar, une peine de 30 mois d’emprisonnement et une amende de 50 000 dirhams, confirmée en appel, du chef «d’atteinte à la religion islamique au moyen d’un outil électronique».

C’est sur la base de l’article 267-5 du code pénal, introduit en 2015 par le gouvernement islamiste d’extrême droite (PJD) dans la foulée de l’affaire des «caricatures de Charlie Hebdo» qu’Ibtissame Lachgar a été reconnue coupable, par les juges de Rabat, d’atteinte au sacré, soit blasphème. Le 24 novembre, la Cour a refusé sa demande d’aménagement de peine.

Quel fut son «crime» ? Avoir publié sur Instagram un cliché d’elle revêtue d’un vêtement «séditieux». En cause, un tee-shirt floqué du célèbre slogan féministe et antiraciste détourné : «J’ai vu Dieu. Elle est noire, communiste et lesbienne» (1). Depuis 125 jours, elle est arbitrairement détenue dans la prison de Salé et placée à l’isolement. Privée de soins urgents, elle a perdu l’usage

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