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Interview

Marion Van Renterghem : «Poutine a tissé un réseau de gazoducs sur tout le continent européen pour le piéger»

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Dans son dernier livre, la journaliste revient sur les origines de la dépendance de l’Allemagne au gaz russe, et sur le lien entre l’achèvement de la construction de Nord Stream 2 avec le début de l’invasion de l’Ukraine.

De gauche à droite : l'ancien chancelier allemand Gerhard Schroeder, le Premier ministre français François Fillon, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et le président russe Dmitri Medvedev, ouvrent une vanne symbolique lors de la cérémonie d'inauguration de Nord Stream 1 le 8 novembre 2011. (JOHN MACDOUGALL/AFP)
Publié le 26/10/2023 à 17h55

Malgré de nombreuses enquêtes, un peu plus d’un an après l’explosion du réseau de gazoducs Nord Stream, le 26 septembre 2022, les auteurs du sabotage n’ont toujours pas été identifiés. Nord Stream 1, mis en service en 2012, et Nord Stream 2, suspendu par l’Allemagne deux jours avant le début de la guerre en Ukraine, quatre tuyaux de 1 230 kilomètres de long reliant la Russie à l’Allemagne sous la mer Baltique, devaient acheminer 110 milliards de mètres cubes de gaz par an vers l’Europe. Et parachever la dépendance du modèle économique et industriel européen aux hydrocarbures russes.

Intriguée par ces tuyaux qu’elle a décrits, dans sa biographie de l’ex-chancelière allemande Angela Merkel, comme «le signe de faiblesse et la tache des années Merkel», la journaliste Marion Van Renterghem comprend au cours de son enquête que Nord Stream est en fait «l’une des plus gigantesques erreurs stratégiques du XXIe siècle». Dans le Piège Nord Stream (les Arènes, 2023), elle raconte comment cette dépendance au gaz russe s’est construite sur un terreau idéologique, historique et politique fertile en Allemagne. Et affirme que l’achèvement de la construction de Nord Stream 2 a été «la dernière étape avant l’invasion de l’Ukraine».

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