En janvier 2020, le Magazine littéraire classait Bruno Latour – en compagnie d’Alain Badiou, Kwame Anthony Appiah, John Searle, Gayatri Chakravorty Spivak, Jürgen Habermas, Martha Nussbaum, Slavoj Žižek, Charles Taylor et Judith Butler – parmi les «dix philosophes qui influencent le monde». Des penseurs français, il est assurément celui qui, depuis des années, est en effet le plus cité, sinon «accaparé» pour défendre les positions les plus diverses, y compris contradictoires. Sa pensée, développée dans près d’une trentaine d’ouvrages, n’est pourtant pas de celles qu’on peut résumer en quelques «thèses», et lui-même, sociologue, anthropologue, philosophe, épistémologue, ethnologue, écologiste politique, ne peut guère être confiné dans une discipline particulière. Au début, ce dépassement des frontières lui valut quelques critiques : il fut notamment la cible des Impostures intellectuelles d’Alan Sokal et Jean Bricmont, lesquels, en même temps qu’ils fustigeaient les amphigo
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Mort de Bruno Latour, le philosophe qui a déconstruit la science
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Figure majeure du monde des idées, au carrefour de la sociologie, de l’anthropologie et de l’écologie, le chercheur avait notamment théorisé l’importance des éléments sociaux dans l’élaboration des faits scientifiques. Il est mort dimanche à 75 ans.
Paris, le 7 décembre 2010. Bruno Latour, anthropologue, sociologue et philosophe des sciences. (Edouard Caupeil/Libération )
Publié le 09/10/2022 à 10h56
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