Jean-Luc Mélenchon suscite un rejet massif dans l’opinion qui confronte la gauche à un paradoxe redoutable : le leader insoumis a des chances réelles de se qualifier pour le second tour sans avoir aucune chance de le remporter. Il est de loin le candidat à gauche qui a le socle électoral le plus solide. Les élections municipales de mars prochain vont sans doute encore le renforcer. La campagne présidentielle insoumise a déjà commencé et sa machine électorale est lancée.
LFI était à l’origine une organisation «gazeuse» marquée par une forte informalité : pas de congrès ni de direction identifiée, adhésion gratuite et structuration locale évanescente. Avec le temps, le «mouvement» s’est institutionnalisé, parlementarisé et densifié. L’Institut La Boétie multiplie les publications et les formations : 100 000 insoumis sont inscrits dans des groupes locaux et donc potentiellement actifs (c’est quatre fois plus qu’en 2017). Les 70 députés insoumis s’ancrent, assumant le plus souvent le rôle de leaders locaux dans un mouvement qui rejetait les baronnies.
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