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Municipales 2026 : le tournant communaliste de la machine insoumise

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S’il a enjambé les municipales en 2020, Jean-Luc Mélenchon a décidé de politiser le scrutin de mars en l’inscrivant dans une réflexion sur le néolibéralisme urbain et les mécanismes de l’emprise du capital sur la ville, analyse le politiste Rémi Lefebvre.

A Aubervilliers, près de Paris, le 23 novembre 2025, lors du lancement de campagne des élections municipales 2026 de La France insoumise. (Stéphane Lagoutte/Myop pour Libération)
Par
Rémi Lefebvre, politiste
Publié le 10/12/2025 à 9h35

Jean-Luc Mélenchon suscite un rejet massif dans l’opinion qui confronte la gauche à un paradoxe redoutable : le leader insoumis a des chances réelles de se qualifier pour le second tour sans avoir aucune chance de le remporter. Il est de loin le candidat à gauche qui a le socle électoral le plus solide. Les élections municipales de mars prochain vont sans doute encore le renforcer. La campagne présidentielle insoumise a déjà commencé et sa machine électorale est lancée.

LFI était à l’origine une organisation «gazeuse» marquée par une forte informalité : pas de congrès ni de direction identifiée, adhésion gratuite et structuration locale évanescente. Avec le temps, le «mouvement» s’est institutionnalisé, parlementarisé et densifié. L’Institut La Boétie multiplie les publications et les formations : 100 000 insoumis sont inscrits dans des groupes locaux et donc potentiellement actifs (c’est quatre fois plus qu’en 2017). Les 70 députés insoumis s’ancrent, assumant le plus souvent le rôle de leaders locaux dans un mouvement qui rejetait les baronnies.

Le tournant communaliste traduit et renforce cette implantation. LFI va présenter plus de 500 candidats et plante son étendard pol

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