Si j’ai bien compris, hors de la trahison, point de salut. C’est difficile d’être Premier ministre, ces temps-ci. «Un courtisan disait : “Ne se brouille pas avec moi qui veut”», a écrit Chamfort. Il ne suffit pas non plus de faire fi de la morale pour trahir, encore faut-il y trouver son intérêt. L’Assemblée nationale étant divisée en à peu près trois tiers antagonistes, deux doivent se mettre un minimum d’accord pour arriver à une majorité. Une prouesse anatomique handicape l’ancien Nouveau Front populaire : les coups de menton de Jean-Luc Mélenchon ont fait les gros yeux au Front en tordant le cou aux socialistes dont il ne cesse de tirer les oreilles. Et le leader de LFI estimerait une trahison tout compromis avec le bloc dit central, lequel peine à acquérir la neutralité du RN, peu glorieuse ambition.
Il y a surtout ça : normalement, l’attrait du pouvoir est le moteur de la trahison. Mais si on est renversé tous les six mois, ça calme l’avidité. Les coupables, ce sont les Françaises et les Français, à savoir le résultat des élections, résultat qu’on peut au demeurant trahir en nommant Michel Barnier ou François Bayrou à Matignon – mais il faudrait des trahisons d’envergure pour offrir dans cette Assemblée une majorité à Jordan Bardella ou à Jean-Luc Mélenchon. On est dans une situation où, curieusement, immobilisme et chaos seraient devenus synonymes. C’est aussi que les cotes d’Emmanuel Macron et de François Bayrou sont telles que, par un dérèglement du climat pol




