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Libération
Chronique «Médiatiques»

Avec Bardella, le ridicule ne tue plus, par Daniel Schneidermann

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Sur le plateau de «Quelle époque !» face au président du RN, Roselyne Bachelot dégaine la réplique qui aurait dû faire de lui le «Marquis de Patatras». Mais le ridicule n’est plus létal à coup sûr.

Jordan Bardella au salon international de la sécurité intérieure des Etats (Milipol), à Paris, le 19 novembre 2025. (Thibaud Moritz/AFP)
Publié le 20/12/2025 à 8h33

Enfin le défaut de la cuirasse ? Adversaires politiques et médias antifascistes ont tout essayé contre Jordan Bardella. Comme depuis près d’un demi-siècle contre le patriarche Le Pen. On a pointé les oscillations de son programme : pour ou contre le Frexit ? Aucune réponse. Aucun impact. On a sondé le creux de ses valeurs personnelles : Jean-Marie Le Pen était-il antisémite ? l’interroge-t-on à la mort du fondateur. «Je ne crois pas», bafouille-t-il d’abord, avant de réaliser quelques mois plus tard que oui, «les propos de Le Pen étaient éminemment antisémites». Aucun impact. On a pu fonder des espoirs sur la voie judiciaire. Mais justement, devant la perspective de l’inéligibilité de Marine Le Pen, le RN a dégainé le remplaçant Bardella.

L’arme anti-RN qui s’est révélée la plus efficace lors des législatives de 2024 fut la découverte, à tous les échelons du parti, de candidats et de candidates «brebis galeuses» racistes, antisémites ou homophobes. Avec, ces derniers jours, une prise de choix : l’actuel directeur de cabinet de Jordan Bardella, François Paradol, est naguère passé par le mouvement antisémite Egalité et Réconciliation du polémiste Alain So

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