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Chronique

Bardella sur BFM : dernières nouvelles de la banalisation, par Daniel Schneidermann

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Et voilà que l’on plaisante sur l’éventuelle arrivée du président du RN à Matignon comme demain on plaisantera pareillement sur la chaîne d’info avec la préférence nationale, la suppression de l’aide médicale d’Etat aux étrangers, les renvois par charters dans les pays d’origine.

Jordan Bardella à Paris, le 2 septembre. (Benoit Tessier/REUTERS)
Publié le 06/09/2025 à 8h12

«Bonjour Monsieur le Premier ministre», lance le présentateur Alain Marshall à Jordan Bardella. Sourire de l’invité. «Bonjour, parlez pas trop vite.» Marshall : «C’est pas exclu, donc ?» Bardella : «On va tout faire pour y arriver.»

Ce n’est pas méchant. C’est une petite blague. On peut plaisanter avec Jordan Bardella, comme avec un politique «normal». Une petite blague sûre d’elle-même, de sa pertinence, de sa légitimité, qui anticipe et digère d’avance toutes les critiques. Jordan Bardella n’est-il pas un politique «normal», celui qui représente un tiers des électeurs, et donc au minimum un tiers des auditeurs des Grandes Gueules de RMC ? L’heure est grave, mais pourquoi se priver d’en rire un peu ? L’éventuelle arrivée du RN au pouvoir est un sujet de badinage, comme demain on plaisantera pareillement sur BFM avec la préférence nationale, la suppression de l’aide médicale d’Etat aux étrangers, les renvois par charters dans les pays d’origine.

Pourquoi s’en priver, d’ailleurs, puisque

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