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Libération
Chronique «Médiatiques»

Bergé, Schiappa : quand on ne les croit plus, par Daniel Schneidermann

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Deux femmes, deux dignitaires du parti au pouvoir, qui tentent de se glisser dans la cape d’invulnérabilité du «on vous croit». Une parole politique, on la soutient, on la contredit, on la combat, mais ni les adversaires ni les journalistes n’ont à la «croire», au contraire.

Aurore Bergé et Marlène Schiappa, deux figures de la macronie dont la sincérité n’est plus crue dans la cause des violences faites aux femmes. (Joel Saget/AFP)
Publié le 10/03/2023 à 18h11

Et soudain se produit l’impensable : un clash à C ce soir. Marlène Schiappa se lève, frappe la table, et lance un sonore «merde», avant d’accepter de se rasseoir. Sacrilège ! Tout, dans l’ambiance habituelle de l’émission de France 5, signale l’intention de se distinguer des plateaux trash et clash des chaînes d’info. On s’y écoute, entre adversaires. On s’y interpelle entre dignes responsables et jeunes activistes, mais la vivacité est toujours courtoise. Les castings sont un chef-d’œuvre de pluralisme. Mais tout d’un coup, une invitée ne respecte pas les règles du jeu, en la personne de la comédienne et réalisatrice féministe Andréa Bescond. Tout au long de cette émission sur les féminicides, elle interrompt la secrétaire d’Etat à la Citoyenneté.

A la ministre qui détaille inlassablement l’action du gouvernement, la comédienne oppose tout aussi inlassablement que des femmes meurent chaque semaine, et que ce chiffre ne baisse pas. Schiappa, criant : «Vous pensez que vous me l’apprenez ?» Bescond, criant plus fort : «Oui, je vous l’apprends visiblement ! A votre place, je serais pas comme ça, toute détendue, en train de sortir un livre.» Sous l’affront, la ministre s

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