«En haut, on ne peut plus, en bas, on ne veut plus» : la situation politique française semble cocher les deux cases mentionnées par Lénine pour définir une période insurrectionnelle. Qu’en haut, on ne puisse plus, les péripéties gouvernementales, les négociations interminables et les menaces de censure permanentes qui rythment la politique depuis un an l’indiquent déjà.
Le choix de François Bayrou consistant à s’exposer à un vote de confiance dont les chances de succès sont, pour lui, quasi nulles renforce cette impression d’impuissance. Se démultipliant sur les plateaux, le Premier ministre joue, certes, la partition du «moi ou le chaos».
Mais la lassitude qui imprègne chacun de ses discours suggère qu’il est déjà convaincu que ce ne sera pas lui. Il faut s’attendre à ce que, au lendemain du vote de défiance, on déclare «en haut» que la France est décidément devenue ingouvernable.
Le plus intéressant ne réside pourtant pas dans les impasses rencontrées par des gouvernements minoritaires condamnés à l’impuissance. C’est «en bas» qu’il semble se passer quelque chose de nouveau.
La disposition du Premier ministre au sacrifice vient peut-être de l’étrange mobilisation virtuel




