#SalesConnes. En lettres blanches, sur fond noir, et en quelques heures, le hashtag est devenu viral. Depuis lundi, il embrase Instagram, déchaîne TikTok, et se régénère de lui-même avec une infinité de variantes possibles - #JeSuisUneSaleConne, #ViveLesSalesConnes. Parti des cercles féministes, il gagne vite les comptes des politiques, et puis des artistes, et si Marion Cotillard se joint au mouvement, c’est qu’on atteint des sommets : le milieu du cinéma, depuis le début de #MeToo, a plus l’habitude de soutenir le mouvement de la pointe de l’orteil, que de sauter à pieds joints dans les flaques…
Parce qu’il y a de ça, aussi dans cet emballement. On sent la colère, profonde, massive. La charge est violente, brutale, grossière, alors, en réponse, on a la rage, et jusqu’à la nausée. Mais ce qu’on touche aussi du doigt, c’est la vitalité d’une révolte toujours pas près de s’essouffler.
En langage militant, ce qu’il se passe s’appelle «retourner le stigmate» : reprendre à votre compte l’insulte qui vous a été faite, la répéter, la marteler, jusqu’à ce qu’elle se vide de sa substance. Technique vieille comme les luttes, jouissiv




