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Chronique

Brigitte Macron, les «sales connes» et toujours la culture du viol, par Giulia Foïs

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«S’il y a des sales connes, on va les foutre dehors», a déclaré Brigitte Macron à propos des féministes de #NousToutes à l’humoriste Ary Abittan, dont l’affaire de viol a débouché sur un non-lieu. Ce faisant, elle choisit son camp. Le même que celui de son mari, qui n’est jamais celui des victimes, affirme la journaliste.

Brigitte Macron à l'Elysée lors de la réception du Premier ministre croate, Andrej Plenković, par le président Macron, à Paris, le 8 décembre 2025. (Quentin de Groeve/Hans Lucas. AFP)
Par
Giulia Fois, journaliste
Publié le 10/12/2025 à 15h33

#SalesConnes. En lettres blanches, sur fond noir, et en quelques heures, le hashtag est devenu viral. Depuis lundi, il embrase Instagram, déchaîne TikTok, et se régénère de lui-même avec une infinité de variantes possibles - #JeSuisUneSaleConne, #ViveLesSalesConnes. Parti des cercles féministes, il gagne vite les comptes des politiques, et puis des artistes, et si Marion Cotillard se joint au mouvement, c’est qu’on atteint des sommets : le milieu du cinéma, depuis le début de #MeToo, a plus l’habitude de soutenir le mouvement de la pointe de l’orteil, que de sauter à pieds joints dans les flaques…

Parce qu’il y a de ça, aussi dans cet emballement. On sent la colère, profonde, massive. La charge est violente, brutale, grossière, alors, en réponse, on a la rage, et jusqu’à la nausée. Mais ce qu’on touche aussi du doigt, c’est la vitalité d’une révolte toujours pas près de s’essouffler.

En langage militant, ce qu’il se passe s’appelle «retourner le stigmate» : reprendre à votre compte l’insulte qui vous a été faite, la répéter, la marteler, jusqu’à ce qu’elle se vide de sa substance. Technique vieille comme les luttes, jouissiv

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