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Chronique «Si j'ai bien compris…»

C’est pour qui, la guerre ? par Mathieu Lindon

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Certainement pas pour les enfants – il est fou, le général Mandon. Mais pas non plus pour les vieilles et les vieux. Et surtout pas pour nous.

Ici, lors de la rentrée scolaire d'élèves de CE1, à Paris, en septembre 2025. (Riccardo Milani/Hans Lucas. AFP)
Publié le 28/11/2025 à 11h19

Si j’ai bien compris, nos enfants sont les objets d’attentions et d’inattentions très variables. Qu’ils se prennent la dette et le réchauffement climatique sur la gueule, sans compter peut-être le Rassemblement national, c’est comme ça, on n’y peut rien. Mais accepter de les perdre à la guerre ? Non, mais il y a des limites, dans quel monde vit-on ? Même si l’enfant-roi, en république, basta. Certes, le meilleur moyen de leur éviter d’aller à la guerre, ce serait d’y aller nous-mêmes mais, une fois encore, il y a des limites. Le problème, en outre, est qu’ils seront bien obligés de les payer, les dettes financières et climatiques, tandis que si nos enfants sont assez grands pour aller à la guerre, ils sont aussi assez grands pour refuser d’y aller.

Il se peut que le général Mandon ait voulu désigner par le terme «enfants» nos soldats, mais il faut espérer que nos soldats ne sont pas des enfants. Maintenant qu’on est assez bon pour bosser à plein temps jusqu’à 64 ans, on peut estimer qu’à cet âge-là encore on est assez grand pour tenir un fusil, piloter un drone et a fortiori éplucher des patates et nettoyer les cabinets. D’autant que c’est quand même climatiquement plus facile pour nous, on n’est pa

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