Huit minutes. C’est long, huit minutes de monologue à la télé, même pour une «carte blanche». Sur le plateau de David Pujadas (LCI), Ruth Elkrief consacre donc huit minutes au procès des cyberharceleurs de Brigitte Macron, les inconnus, les moins inconnus, les antivax, les franchement antisémites, les modérément antisémites, etc.
Quand soudain, Pujadas : «Avez-vous assisté au procès ?» «Non. Il n’y a aucune raison.» Elle ne dit pas «je n’en ai pas eu le temps, j’étais surchargée aujourd’hui», ni même «j’ai discuté à la cafète avec les collègues qui y ont assisté». Non. «Aucune raison.» Comme si le seul fait de respirer le même air que cette fournée de complotistes était en lui-même salissant.
Comme s’il n’y avait rien à glaner de l’audience elle-même. Il est donc acquis qu’une figure familière des soirées télé peut discourir huit longues minutes sur un procès auquel elle n’a pas assisté. Que l’on a le droit de se former une «opinion» en assumant de manière décomplexée de ne pas tenter de recueillir toutes les informations




