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Chronique

Comment Donald Trump réécrit la grammaire diplomatique, par Christian Salmon

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En contradiction avec le récit classique de la diplomatie de la souveraineté, la communication de guerre américaine se déploie dans un vaste espace de spéculation à l’intersection du marketing politique, des marchés financiers et des plateformes numériques, constate l’essayiste.

Vladimir Poutine et Steve Witkoff lors de leur rencontre au Kremlin, à Moscou, le 6 août 2025. (Gavriil Grigorov/AP)
Publié le 10/12/2025 à 6h00

«Les amateurs parlent de “stratégie”, affirme un ancien adage militaire, mais les professionnels parlent de “logistique”.» Donald Trump, lui, ne parle ni de logistique ni de stratégie, il ne connaît que le langage des affaires. Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Trump s’est mué en VRP multicartes des intérêts américains dans le monde. Il sillonne les champs de bataille, flaire les opportunités. Il y fait son marché. Pétrole, minerais, terres rares, reconstruction immobilière… Son idéologie, c’est la balance commerciale. Ses armes de dissuasion, les droits de douane. La guerre est la continuation de la finance par d’autres moyens.

En Ukraine, il a fait main basse sur les terres rares indispensables aux nouvelles technologies sans attendre la fin du conflit. Ses émissaires — Steve Witkoff, magnat new-yorkais, et Jared Kushner, son gendre rompu aux fonds d’investissement — préparent déjà les bases d’une future coopération industrielle avec la Russie. D’après une enquête du Wall Street Journal, une réunion s’est tenue en octobre dans l

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