Fin de règne chaotique chez Emmanuel Macron. Infamie de la prison chez Nicolas Sarkozy. Nous assistons à l’effondrement simultané du macronisme et du sarkozysme, deux variantes d’un présidentialisme à bout de souffle, flottant entre autorité perdue et surenchère communicationnelle.
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Dans le roman de Don DeLillo, L’homme qui tombe, un acrobate attire chaque jour la foule à Manhattan. Du haut d’un gratte-ciel, il se jette dans le vide, retenu seulement par une corde fixée à son pied. Suspendu dans les airs, il reste là, immobile, sous les yeux des passants. Cette performance, apparue dans les jours qui ont suivi le 11 Septembre, évoquait la chute des corps tombés des tours en flammes. C’est sans doute la raison de la fascination qu’elle exerçait sur les foules.
Quelques semaines plus tard, le musée Guggenheim invita l’acrobate à répéter sa performance depuis les étages supérieurs du musée pendant trois semaines. En passant de la rue au musée, la performance de l’acrobate passait dans la sphère symbolique où la règle est la répétition, le redoublement, la surenchère. Elle devenait l’emblème d’une époque incapable de surmonter ses blessures, condamnée à les rejouer, à les reproduire, à les amplifier jusqu’à la caricature.
Nos sociétés saturées de signes paraissent condamnées à rejouer sa




