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Chronique «Ré/Jouissances»

Drogues : seule la légalisation viendra à bout des narcos, par Luc Le Vaillant

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La mise en cause des consommateurs de drogues est un écran de fumée qui cache un ralliement au tout sécuritaire, lequel a toujours échoué.

Medhi Kessaci et sa mère, lors de la marche blanche à Marseille, le 22 novembre 2025. (Olivier Monge/Myop pour Libération)
Publié le 24/11/2025 à 12h19

Cher narco, je te dispense de m’accompagner quand j’irai m’incliner à mon tour devant la douleur de la famille Kessaci. Comme je crains que tes larmes de crocodile masquent un rictus de mépris et que tu caches un poignard dans ta manche, je préfère que tu t’abstiennes de venir saluer le courage d’Amine Kessaci, ce grand gaillard de 23 ans qui a perdu deux de ses frères et se dresse face à toi avec force et courage.

Cher narco, tu es ce genre de beau salopard qui prospère sur la fragilité des amateurs de plaisirs interdits. Pour te verser des revenus insensés, tu te fais petit chimiste inventif et tu alimentes le marché en produits de synthèse de plus en plus poisseux. Tu es copain comme cochon avec les blanchisseurs d’argent sale et les anges gardiens des paradis fiscaux. Tu imposes dans les quartiers disgraciés une caporalisation des gamins qui jouent les chouffes pour toi et une doxa maffieuse où l’omerta rompue vaut trois balles dans le buffet. Tu te gargarises de mythologies ahuries.

Tu te la racontes gangster au grand cœur, Robin des bois qui fait vivre les manants des bordures sur le dos des rupins de centre-ville, grand frère protecteur de sa communauté chérie, alors que tu n’es qu’un caïd au bulbe racorni, un violent cruel, un sadique qui aime faire régner la terreur. Tu n’as jamais été aussi puissant, et c’est pourquoi je vais tout faire pour avoir ta peau. Pour cela, je préconise d’abjurer la logique sécuritaire actuelle et de combattre la culpabilisation du moment

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