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Libération
Chronique «Ré/Jouissances»

Entre guerres de là-bas et violences d’ici-bas, par Luc Le Vaillant

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Que penser du service militaire rétabli par Emmanuel Macron ? Faut-il accepter un effort de défense universel ou s’en tenir à une défiance pacifiste ?

Le président Macron lors de son discours dévoilant un nouveau service militaire national, à Varces dans le Vercors, le 27 novembre 2025. (Thomas Padilla/REUTERS)
Publié le 02/12/2025 à 6h48

Ces jours sombres où le kaki redevient tendance, mon antimilitarisme pavlovien devrait me voir saliver à l’idée de mordre les mollets de la soldatesque qui regagne les faveurs françaises. Je devrais bouffer du général comme je bouffe du curé et du flic. Je devrais ricaner devant cette invitation à relever le drapeau, lancée à des troufions d’une génération qui n’a croisé le conflit armé que dans les jeux vidéo.

Je devrais pester contre le lobby militaro-industriel et m’offusquer de ces subsides mirifiques qui viennent de lui être accordés. Je devrais vouer aux gémonies chars Leclerc, Rafales de chez Dassault et missiles Scalp et m’élever contre ces appels au renforcement moral qui voient Macron serrer la jugulaire d’une jeunesse qu’il appelle à se lever en masse.

Je devrais dauber sur ces nouveaux soldats de l’an II et rappeler qu’en 1792 les va-nu-pieds étaient souvent poussés dans le dos, même s’ils réussirent à faire tourner les ailes du moulin de Valmy pour mettre un vent aux mercenaires stipendiés par les royautés.

Mieux, je devrais évoquer

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