Ces jours sombres où le kaki redevient tendance, mon antimilitarisme pavlovien devrait me voir saliver à l’idée de mordre les mollets de la soldatesque qui regagne les faveurs françaises. Je devrais bouffer du général comme je bouffe du curé et du flic. Je devrais ricaner devant cette invitation à relever le drapeau, lancée à des troufions d’une génération qui n’a croisé le conflit armé que dans les jeux vidéo.
Je devrais pester contre le lobby militaro-industriel et m’offusquer de ces subsides mirifiques qui viennent de lui être accordés. Je devrais vouer aux gémonies chars Leclerc, Rafales de chez Dassault et missiles Scalp et m’élever contre ces appels au renforcement moral qui voient Macron serrer la jugulaire d’une jeunesse qu’il appelle à se lever en masse.
Je devrais dauber sur ces nouveaux soldats de l’an II et rappeler qu’en 1792 les va-nu-pieds étaient souvent poussés dans le dos, même s’ils réussirent à faire tourner les ailes du moulin de Valmy pour mettre un vent aux mercenaires stipendiés par les royautés.




