Si j’ai bien compris, chacun propose le dialogue dans l’espoir que l’autre le refuse. Le proposer est déjà signe que ça va mal car, normalement, tel un auteur sartrien, le dialogue s’engage de lui-même. Mais il serait illusoire de croire qu’il résout tout. Il n’est pas un compromis puisqu’il peut être de sourds. «Imbécile. – Imbécile» : ça aussi est du dialogue. C’est très bien de parler mais il y a plusieurs façons de passer à table dont seules certaines mangent du pain. «Vous tenez vraiment à le savoir, ce que j’en pense, de votre réforme des retraites ?» Quand les choses ne sont pas négociables, quand elles sont indiscutables, ça devient plus difficile de discuter et le dialogue manque d’enjeu. On peut toujours tailler une bavette. «On se fait un petit dialogue pour la route ?» Le problème est qu’on n’est pas au cinéma : quand ça ne marche pas, il n’y a pas de «appelez-moi le dialoguiste» pour remettre un peu de peps qui tienne. Car les dialogues sont moins percutants à coups d’éléments de langage et de langue de bois. On peut envisager des variations plus à même de satisfaire le peuple ou le public. «A bon entendeur, salaud», «il n’est pire sourd que celui qui entend ça», «non mais vous avez trouvé votre réforme dans une pochette-surprise». Le di
Chronique «Si j'ai bien compris…»
Et si j’en parlais à mon cheval ? Par Mathieu Lindon
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Ah, les bienfaits du dialogue, ses vertus balsamiques. Tu m’écoutes, ducon ?
La 9e manifestation intersyndicale contre la réforme des retraites, à Paris, le 23 mars 2023. (Martin Noda/Hans Lucas. AFP)
Publié le 14/04/2023 à 23h23
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