Il n’est pas certain que la presse qui se prétend sérieuse sorte indemne de l’affaire Epstein. Excepté Libération évidemment… Les trois millions de documents jetés à vau-l’eau risquent de faire la peau aux bonnes mœurs journalistiques et de poignarder dans le dos prudence d’approche et sens de la mesure. Le flux des accusations est à la fois tragique, spasmodique et… merdique. Il est compliqué de faire la part des choses entre crimes gravissimes et bêtises sans importance, complicité avérée et proximité accidentelle.
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Tenus d’ingérer ce brouet, les médias classiques sont aussi chargés de le filtrer. Il leur revient d’évaluer les griefs et de hiérarchiser les déliquescences. Et cela les met face au miroir fendillé de leur activité hybride. Derrière la glace sans tain des louables intentions, les traits d’une profession mise au défi se brouillent. Reconnue d’utilité publique, celle-ci est aussi engagée dans une course à l’audience. Quant aux ouvriers de l’actu, ils doivent zigzaguer entre réprobations pulsionnelles et biais idéologiques. Devant la folie Epstein, mieux vaut sans doute se débarrasser de toute prétention à l’orgueilleuse objectivité pour lui préférer une honnêteté intellectuelle minimale.
1. Confusion générale
La mise sur le marché des éléments les plus divers ressemble à un inventaire à la Prévert. Il y a là des altesses et des tycoons de la tech, des banquières et des princesses, des cinéastes et des ministres, des fortunés et des intermédiaires. Il y a là Trump qui tente de noy




