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Libération
Chronique «Ecritures»

Face à l’absurde, une solution : l’absurde, par Jakuta Alikavazovic

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En réponse à la folie de l’époque, pourquoi ne pas chercher du côté des plaisanteries inoffensives qui défient les interprétations ? Vous connaissez Batman, vous connaissez Banksy. Mais connaissez-vous le Fish Bandit ?
L’un des distributeurs de billets de banque dans l’Utah visé par le lycéen Fish Bandit, en 2024. (Capture X)
par Jakuta Alikavazovic, écrivaine
publié le 7 février 2025 à 18h28

Et si, dans une époque absurde, le mieux était encore de vivre absurdement ? Non, rassurez-vous, je n’encourage personne à ployer devant l’idiotie souvent criminelle des temps. Au contraire, à vrai dire. Et si répondre à l’absurde par l’absurde était un sursaut vital ?

Vous connaissez Batman, vous connaissez Banksy. Mais connaissez-vous le Fish Bandit ? Son champ d’action semble circonscrit à une petite ville de l’Utah, aux Etats-Unis. Même s’il aurait, au moins une fois, sévi au Japon.

Son mode opératoire : scotcher des poissons aux distributeurs automatiques de billets [DAB]. Oui, vous avez bien lu. Des poissons. Pensez truite, par exemple. Pensez merlan. Morts, évidemment. Scotchés au chatterton sur un écran de DAB. Est-ce que ce n’est pas la chose la plus absurde que vous ayez lue aujourd’hui ?

Imaginez arriver devant votre banque et y trouver, soudain, un poisson mort. Avec son œil de poisson mort et son odeur de poisson mort. Qu’est-ce que cela vous inspire ? Du dégoût, de l’irritation, de la colère ? De la curiosité ? De l’amu