Il y a cet universitaire qui me confie qu’il s’astreint à enregistrer tous les cours qu’il donne, pour se protéger d’une éventuelle accusation par un·e étudiant·e. A l’Université du Texas comme dans beaucoup d’autres établissements, les mots sont sous très stricte surveillance et plus de 350 d’entre eux sont «bannis» par l’administration Trump, parmi lesquels «changement climatique», «justice sociale», «vulnérable», ou encore «transidentité».
Il y a cette autre enseignante qui me raconte que l’IA, chargée de repérer en ligne les dits-mots, a signalé son cours de géopolitique intitulé «relations transatlantiques»…
Il y a celle, aussi, qui évoque son atelier de soutien aux femmes atteintes d’un cancer ayant subi une mastectomie : il a été jugé «discriminant envers les hommes» et donc, stoppé.
Il y a des situations paradoxales, dont la mienne : je suis en tournée aux Etats-Unis pour la sortie là-bas de mon livre Quand tu écouteras cette chanson (1), récit d’une nuit passée à la Maison Anne Frank.
Ma tournée passe par la Floride, Etat qui a interdit la lecture du Journal d’Anne Frank dans le




