Ils ont dit qu’il était mort le 20 novembre 1975, à 5 h 25 du matin. Avec une grande précision. Ils ont appelé quatre médecins légistes pour embaumer le cadavre. Comme s’il s’agissait d’un pharaon ou d’un saint, comme s’ils voulaient prétendre que le corps même de la corruption était incorruptible. Comme si préserver le corps du dictateur permettait de congeler un embryon du national-catholicisme et de le conserver dans la Vallée des morts afin de pouvoir le ressusciter à tout moment. Pourquoi pas en 2025. Les embaumeurs sont arrivés. Et parmi eux, un jeune médecin nommé Antonio Piga, le seul encore en vie en 2025 – il a aujourd’hui 86 ans – qui raconte aujourd’hui cette histoire à El País en exclusivité à l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort de Franco.
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Les médecins ont constaté que le dictateur était en réalité décédé le 19, après avoir été maintenu pendant des semaines dans un coma artificiel afin de laisser le temps aux manœuvres de la «transition» qui remplaceraient une momie par une autre, mais ils ont été contraints de certifier que le décès était survenu le 20 : la science, toujours si neutre, si exacte dans sa construction de la vérité. Les fake news sont plus anciennes que la Bible. La radio nationale informait minute par minute de la lente agonie du Caudillo, maintenant tout un pays en apnée, alors que celui-ci était déjà mort depuis longtemps. «La maladie de Franco : jour après jour, heure après heure.» «Situation critique.» «Pronosti




