Acte I : Le tableau. Au Palais de Tokyo, à Paris, pour quelques jours encore est exposé un tableau qui raconte ce qu’est la guerre, ce que fait la guerre, ce qu’est un viol de guerre et, en définitive, ce qu’est un viol tout court. L’anéantissement de l’autre. Un tableau né suite à l’invasion de la ville ukrainienne de Boutcha par l’armée russe. Miriam Cahn en est l’auteure, Fuck Abstraction ! en est le titre. Un titre qui dit l’incapacité de la peintre à s’abstraire de l’horreur, à faire comme si tout ça n’existait pas. Il dit aussi sa volonté d’en finir avec ce que la guerre peut avoir d’abstrait quand on ne la vit pas directement, d’abandonner les périphrases pour aller au cœur du mal puisque la violence, elle, ne s’embarrasse pas de circonvolutions. Face à nous, une silhouette frêle, les mains liées dans le dos, agenouillée comme en sacrifice, est forcée à pratiquer une fellation à un homme sans visage, une masse sans tête dont il ne reste plus une once d’humanité. L’intention est claire, précise et argumentée. Impossible de s’y tromper. Comme toute peinture, celle-ci est un regard, comme toute œuvre d’art, on peut choisir de s’y plonger, de l’ignorer o
Chronique
«Fuck aspersion !» par Tania de Montaigne
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Exposée au Palais de Tokyo, l’œuvre de l’artiste Miriam Cahn «Fuck Abstraction !» raconte ce qu’est la guerre en Ukraine. Mais l’extrême droite s’est plue à rendre le tableau toxique : il a fini par être vandalisé, aspergé de peinture. Drame en quatre actes.
Détail du tableau «Fuck abstraction» de Miriam Cahn qui a été vandalisé. (Palais de Tokyo)
Publié le 10/05/2023 à 20h14
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