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Si j'ai bien compris...

Impunité : et vlan, passe-moi l’éponge, par Mathieu Lindon

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Ceux qui ont fait la preuve des crimes dont ils sont capables, il faut vite les innocenter pour éventuellement y mettre le holà.

Le 24 novembre 1975, quatre jours après sa mort, le corps de Franco au palais royal d'El Pardo, à Madrid. (Getty Images)
Publié le 06/12/2025 à 11h45

Si j’ai bien compris, impuni vaut encore mieux que deux tu l’auras. L’impunité a mauvaise presse, ces temps-ci, parce qu’on la voit comme une modernisation internationale peu affriolante de «Liberté. Egalité. Fraternité» : «Injustice. Inégalité. Immoralité.» Les grands dictateurs sont comme les grands acteurs, ils veulent mourir sur scène, à savoir dans leur lit, à la tête de leur pays. Felipe Gonzáles, Premier ministre élu après la mort de Franco, s’est un jour demandé s’il n’aurait pas mieux fallu, pour l’Espagne, accorder l’impunité au caudillo quelques années avant sa mort, d’autant que de toute façon il est mort impuni. Aux Etats-Unis, la Cour suprême a inventé pour Donald Trump l’impunité préventive – c’est le principe de précaution –, ce qui a permis au Président de plaisanter qu’il pouvait abattre sans conséquence n’importe qui dans la rue (mais n’importe qui n’est pas amusant, quelques navires vénézuéliens sont plus excitants).

Aux innocents les mains sales

Benyamin Nétanyahou souhaite maintenant obtenir sa grâce – mais pas pour le carnage de Gaza dont il semble toujours fier – pour «apaiser» les tensions dont il se fait soudain l’ennemi farouche. C’est paradoxa

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