«Maintenant, à chaque fois qu’il y aura un problème au Louvre, vous serez suspecte.» J’avais ri de cette mise en garde, le public aussi. Le seul à ne pas rire, c’était celui qui venait de parler. Un adolescent sérieux, incapable d’ironie comme le sont les enfants et les sages, qui pensait tout ce qu’il venait de dire. Il n’a pas semblé entendre les rires autour de lui. Il était sincère, et sincèrement préoccupé de mon avenir qu’il jugeait toujours déjà entaché. Toujours déjà coupable.
Mon crime ? J’ai passé une nuit au Louvre. Une nuit entière, dans l’obscurité, dans les œuvres, dans le froid. Les circonstances aggravantes : j’ai écrit un livre sur cette nuit. Mais peut-être est-ce l’inverse. Peut-être le crime est-il le livre. Le reste — le réel — ne serait que le contexte, l’opportunité.
Toujours est-il que j’ai repensé à lui, mon petit prophète de malheur, lorsque les messages ont afflué sur mon téléphone, peu après le casse. Je les ai gardés, évidemment. J’en prends un au hasard : «Pas de vol, on avait dit.»
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