Si j’ai bien compris, la colère a ses raisins que la raison ne connaît pas. Et que, parfois, elle ne connaît que trop bien. Parce que ça commence à bien faire qu’on nous prenne pour de la chair à profits. Le colèromètre est au plus haut, chauffé à blanc. La colère gronde, la colère trépigne, la colère est en marche et elle déborde du vase. «Ah ça ira, ça ira, nos retraites on les aura.» La colère semble la chose de France la mieux partagée. C’est une question de bon sens : tu n’es pas en colère ? Tu es un collabo. L’inflation dépasse les bornes : tout augmente, même l’âge de la retraite. La colère est peut-être mauvaise conseillère mais on a l’impression qu’il y en a un qui a de drôlement mauvais conseillers jusque dans le calme de son palais. C’est le réchauffement climatique social et personnalisé : ça bout, à l’intérieur. Même les jeunes sont mécontents alors qu’on fait ça pour eux, pour que plus tard ils aient de quoi payer la dette. Le pouvoir joue sur le fait qu’on a tellement de raisons d’être en colère qu’il ne voit pas pourquoi on resterait durablement focalisés sur les retraites.
Chronique «Si j'ai bien compris...»
Le ras-la-nouille pour tous
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Il semble que le pays ait un message à partager : la France t’emmerde, monsieur le Président.
Le 19 janvier, mobilisation massive contre la réforme des retraites à Paris. (Stéphane Lagoutte/Myop pour Libération)
Publié le 21/01/2023 à 7h02
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