Depuis au moins soixante ans, les forces politiques et intellectuelles de la gauche occidentale semblent engagées dans une guerre sans trêve ni frontière. Ce conflit concerne la définition de la forme d’inégalité la plus radicale et importante dans la société moderne. En raison de leur matrice marxiste, pendant des années, les partis et intellectuels de gauche ont cru que c’était le revenu ou la richesse disponible de chacun qui mesurait l’inégalité la plus grave et importante : c’était en la combattant qu’on pouvait construire une société plus juste.
Avec le temps, d’autres formes d’inégalités sont apparues comme plus profondes et significatives : à revenu égal, la différence de genre ou de race semble être la racine d’une injustice plus profonde qui ne peut être réparée par des politiques purement économiques. C’était aussi la conséquence physiologique de la transformation des sociétés occidentales, qui, après-guerre, ont vu la classe moyenne occuper la plus grande partie de leur démographie.
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A partir de ces revendications, une sorte de compétition extrêmement violente s’est créée entre les partisans des différentes inégalités, pour décider laquelle était la plus grave. La recherche peut en effet être sans fin. Il est clair, par exemple, que l’obstination des universités à vouloir offrir une clé d’accès au monde contemporain uniquement aux individus âgés de 18 à 24 ans crée une grave inégalité culturelle et cognitive entre les générations.
Comment s’accorder sur la réalité de l’égalité ?
Nous vivons dans une société qui cha




