Lors de notre dernière rencontre, en septembre à Paris, dans l’appartement de sa sœur où elle logeait quand elle quittait sa maison près d’Uzès (Gard), elle semblait portée par un regain d’énergie. Certes elle avait beaucoup maigri depuis la dernière fois, mais elle s’était apprêtée, boucles aux oreilles et lourd collier autour du cou, et se livrait avec gourmandise et excitation au jeu des interviews.
Presse, télés, radios, tout le monde la réclamait pour commenter l’annonce de la reconnaissance de la Palestine par différents pays, dont la France. Cette reconnaissance, pour laquelle elle s’était battue toute sa vie, elle, la descendante de deux grandes familles palestiniennes de Jérusalem, les al-Husseini et les al-Alami, elle en goûtait la saveur, mais elle se gardait bien de la prendre pour acquise.
Interview
Elle avait le cuir tanné par des années d’espoirs déçus, de guerre sanglante et de paix trompeuse, et peut-être aussi suffisamment l’expérience des subtilités diplomatiques pour savoir que cette reconnaissance, au final, se réduirait peut-être à un s




