«Ma frère» : depuis un mois s’affiche sur les murs du métro parisien une nouveauté linguistique. Une bizarrerie, pour beaucoup. C’est le titre du second long métrage de Romane Gueret et de Lise Akoka, tourné avec des toutes jeunes filles vivant dans un quartier populaire du XIXe, à Paris. Au micro de France Inter, Lise Akoka expliquait vouloir faire entendre la «puissance» d’une «amitié fraternelle» entre deux filles. Comment le français en est-il arrivé là ? D’abord, à cette possibilité grammaticale, utiliser le féminin devant un nom masculin, «ma frère», et à ce sens politique, que la formule puisse être perçue comme un geste d’empouvoirement ?
Flash-back. Il y a dix ans à peine, j’entends l’une de mes étudiantes apostropher une amie dans le couloir de la fac : «Frère, ralentis, j’me suis levée à l’aube moi !» Curieuse, je l’interroge : bien sûr, frère, c’est OK pour parler à une fille, on se bonhommise un peu, quoi. D’ailleurs elle dit aussi frère à sa mère, plus qu’elle ne le dit à son propre frère. «Frère» en était donc déjà à ce stade de son évolution : dissocié de l’emploi lexical classique, l’emploi relationnel, pour décrire cet individu masculin de la fratrie. Circulai




