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Chronique «Si j'ai bien compris…»

Macron, Trump, grandeur et petitesse, par Mathieu Lindon

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Ce n’est pas tout de vouloir entrer dans l’Histoire. Il faudrait aussi veiller à ne pas en sortir en trop piteux état.

La Maison Blanche, à Washington, samedi 3 janvier 2026. (Julia Demaree Nikhinson/AP)
Publié le 10/01/2026 à 6h49

Si j’ai bien compris, ces gens ne sont jamais rassasiés. Quel que soit le mal qu’ils se sont donné pour parvenir à intégrer ces lieux de pouvoir, les habitants de l’Elysée ou de la Maison Blanche ne les considèrent que comme les antichambres d’un logement d’une autre envergure : l’Histoire. C’est ainsi qu’Emmanuel Macron nous assomme avec son bilan sans comprendre que ça fait un moment qu’il l’a déposé et que sa faillite devient la nôtre. Pareil avec son héritage. Personne ne se précipite pour le réclamer, et ce sont plutôt les pauvres Françaises et les pauvres Français – les riches, c’est autre chose – qui aimeraient être en droit de le refuser, comme dans n’importe quelle succession. Trop tard, c’est un héritage obligatoire : il fallait y penser avant de l’élire ou le réélire, nous voilà avec des dettes sur le dos pour une tripotée de quinquennats.

Emmanuel Macron n’a pas été comme Benyamin Nétanyahou jusqu’à saluer en Donald Trump au Venezuela «le leader du monde libre», c’est-à-dire libre de faire ce qu’il veut, à l’égal du Premier ministre israélien, mais il en a dit suffisamment ou suffisamment peu pour qu’on comprenne que, question dire ce qu’il veut ou pense, notre président n’est plus leader. Qu’il se rassure cependant. La France n’ayant pas de pétrole et plus d’idées, elle devrait être à l’abri d’une intervention trumpienne. On ne verra pas Emmanuel Macron menotté (comme, pour d’autres raisons, ça pend aux poignets de Nicolas Sarkozy) sur un réseau social de

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