Sur un mur parisien, ceci : «Mangeons les riches, sinon, ce sont eux qui nous mangeront.» Une réponse possible à la politique budgétaire actuelle, cette phrase revient de loin puisqu’on en attribue l’origine, sans qu’on puisse la confirmer, à Jean-Jacques Rousseau, lequel aurait dit : «Quand le peuple n’aura plus rien à manger, il mangera le riche.» A défaut de parvenir à les taxer, donc, à défaut d’imaginer qu’un jour ils s’achètent une éthique : mangeons les riches ou encore #EatTheRich, la formule étant rapidement devenue un hashtag populaire sur les réseaux.
Mordre ou être mordus ?
Dévorer avant dévoré·e·s… Si l’image est convaincante, elle est aussi le reflet d’un système dans lequel seules deux possibilités semblent s’offrir à nous : mordre ou être mordus. Attaquer ou être attaqués. Un monde dans lequel la prédation tient toujours le rôle principal. Emprunter ses armes à l’ennemi… Pour Claude Lévi-Strauss, en ingérant la chair d’un adversaire vaincu, on «s’incorpore à ses risques et périls la substance dangereuse d’êtres vivants qui furent ou sont devenus des ennemis».




