Il y aura mis le temps. Avant de quitter le PSG pour un autre club qui devrait être le Real Madrid, Kylian Mbappé a tergiversé comme il le fait rarement sur un terrain. Cela a ressemblé à ces instants où, sur le pré, il patiente devant les défenses renforcées. Grognon, il redresse alors le buste et hausse le menton. Il pinaille du pied, soudain redevenu piétaille hésitante à moue défaillante, quand d’ordinaire il triomphe en lancier déterminé, en sabreur survitaminé, en Achille impossible à talonner et à talocher.
Partir enfin
Il a fallu sept ans de réflexion à cet ultrarapide pour rompre les bans avec un club qui n’était pas son premier amour et qui avait tout d’une étape indifférente sur la route d’une ascension prédéterminée. Formation au calme à Monaco, développement au PSG, puis envol en majesté au Real Madrid… Voilà comment était établi le plan de carrière de Mbappé qui n’a rien d’un écervelé et tout d’un stratège aux avis arrêtés que masquent une bonhomie rieuse et des saillies jamais prétentieuses, même si parfois un peu angéliques. L’enfant de Bondy, au souci social affirmé, avait déjà réussi à mettre le 93 dans le 16, la Seine-Saint-Denis en majesté au Parc des princes situé dans l’arrondissement le plus tradi qui soit. Dans la capitale française, le gamin hypermature a dépassé la date de péremption car, dans l’interstice, il est devenu une gloire nationale. En sélection, il a remporté une Coupe du monde




