L’impact de l’intelligence artificielle sur nos vies est difficile à prévoir. L’IA ouvre la voie à toutes sortes de prophéties qui vont d’une société débarrassée des tâches superflues et pénibles à un monde déshumanisé qui fonctionnera très bien sans nous.
Ce n’est pas le moindre des paradoxes que les effets de l’intrusion du calcul dans tous les domaines de l’expérience soient à ce jour incalculables. Faute de demander à l’IA ce que l’IA changera à nos existences, il faut partir des opérations quotidiennes où elle est déjà en passe de nous supplanter.
Le désir d’automaticité auquel répond l’IA est particulièrement présent dans les sollicitations numériques de plus en plus nombreuses qui nous sont adressées. Mails, SMS, demandes commerciales, approbations administratives : le numérique a démultiplié les demandes auxquelles il faut répondre dans un temps de plus en plus court.
Quoi de plus tentant alors que de s’abandonner aux réponses automatiques que l’IA nous propose à la place de la rédaction de messages en bonne et due forme, avec leur lot d’hésitations, de fautes d’orthographe et de doutes sur la réponse à apporter ?
«OK», «tant pis», «dommage»
«OK», «Tant pis», «D’accord», «Une autre fois», «Merci !», «Dommage !» : tels sont les messages minimalistes que la machine propose en guise de réponses aux demandes dont nous sommes quotidiennement assaillis.
Une fois passé le premier moment de paranoïa (d’où vient que la machine connaisse la nature de la question qui m’est posée et anticipe ma réponse avant




