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Chronique «Si j'ai bien compris...»

Nécessité, quand tu ne nous tiens pas

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Va-t-il revenir, le temps de la bataille pour le leadership entre la première nécessité et les autres ?

Publié le 27/11/2021 à 12h05

Si j’ai bien compris, il va bientôt être nécessaire de reparler de la nécessité, et de la première d’entre toutes, celle dont les produits et les commerces résistent à tout confinement. Manger et boire sont évidemment nécessaires à tout le monde mais, ensuite, il y a la première nécessité des uns et la première nécessité des autres. Les analphabètes militants n’estiment pas que les librairies sont des commerces de première nécessité mais les cinéastes (et les producteurs) trouvent que les cinémas le sont. Les anorexiques (et les radins) ne placent pas les restaurants dans cette catégorie mais les futurs mariés y mettent les bijouteries.

Quand toutes les nécessités contradictoires deviendront-elles donc solidaires ? C’est pareil au niveau politique : il y a la lutte contre l’émigration ou pour le climat comme première nécessité, la sécurité ou la justice sociale, des retraites convenables ou le remboursement de la dette. Mais là, la nécessité apparaît souvent porteuse de sacrifices, comme si c’était le sacrifice qui était la première nécessité. A la première nécessité risque de correspondre le strict nécessaire, annonciateur du nécessaire strict. Et a-t-on jamais fait le nécessaire ?

On est souvent désarmé face à cette question, quand ce sont les assurances, la police ou l’avocat de la partie adverse qui la posent. Après tout, on ne sait pas exactement ce qu’est le nécessaire. S’il fallait répondre à toutes les nécessités : les réfugiés, les pauvres, les malades, les naufragés

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