Par habitude ou par distraction, nous avons tendance à définir notre culture de la même manière que nous définissons notre citoyenneté. Ainsi, tout comme ce qui définit notre appartenance politique est le lieu où nous sommes nés ou le lien généalogique qui nous relie à l’identité de nos parents, notre identité culturelle serait définie par le sang et le sol. Cela semble être une conclusion légitime, mais il suffit d’y réfléchir un peu pour se rendre compte qu’il s’agit d’une idée tout à fait absurde.
Par exemple, il est curieux que je sois reconnu comme une personne de culture italienne parce que je suis né dans un village peu attrayant de la côte adriatique de parents italiens, même si j’ai passé beaucoup plus de temps en dehors de ce pays et que je ne parle plus la langue depuis des décennies.
Cependant, les problèmes se situent ailleurs. Assimiler la culture au sang et au sol signifie l’assimiler à la nationalité : pourtant, une culture ne se limite certainement pas là où s’arrêtent les frontières et ne meurt pas avec la fin d’un Etat. D’autre part, de cette manière, la nationalité elle-même est immédiatement considérée comme un fait culturel parfaitement reconnaissable et homogène, alors que chaque nation n’est qu’une arène où d’innombrables identités culturelles s’affrontent pour imposer leur hégémonie.
Et les problèmes ne s’arrêtent pas là. Par exemple, le mécanisme d’assimilation semble plus rigide pour les cultures que pour la citoyenneté : s’il est en effet possible d’




