Le jour même, ou presque, où le régime dictatorial de la Russie a voulu bâillonner l’association Memorial, il a déclenché une guerre qui ravive toutes les mémoires les plus profondes de l’Europe et du monde. Or, ce fait précis qui concerne la mémoire est au cœur de l’événement que nous vivons. Ce n’est pas seulement un crime de plus, de la part d’un régime qui a déjà exporté sa terreur dans toutes les dimensions du monde, géographique ou numérique. C’est le signe de son inconscience et aussi de sa fragilité, et même, oserions nous dire comme d’autres, de sa défaite annoncée. Certains, on le sait, parlent déjà de la défaite du régime russe pour des raisons économiques ou géopolitiques. Et il est bien possible que survienne un ébranlement du régime agresseur sur ce plan. Mais ce qui résiste et résistera le plus fortement, en chacune et en chacun, en Europe et dans le monde, ce sera, d’abord, la mémoire. Cette même mémoire que le régime a voulu encore bâillonner avec l’admirable Memorial. Comment ce régime a-t-il pu imaginer un instant que les pays d’Europe et en premier lieu l’Ukraine lui-même et ses pays voisins vivraient cette agression sans une irruption de souvenirs, et parfois les plus traumatiques ? A Prague, à Budapest, malgré l’amnésie entretenue par certains de leurs propres dirigeants, le
Chronique «Philosophiques»
On ne bâillonne pas la mémoire
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Vladimir Poutine a déclenché une guerre qui ravive de profonds souvenirs en Europe et dans le monde, signe d’une inconscience, voire d’une défaite annoncée. Car ce qui résiste et résistera le plus fortement, en chacune et en chacun, ce sera, d’abord, la mémoire.
Publié le 17/03/2022 à 23h11
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