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Chronique

Oui, nous vivons dans un patriarcat acoustique, par Martine Delvaux

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Suite à l’attaque sexiste «vous nous cassez les oreilles!» du député UDR Gérault Verny à la députée écologiste Sandrine Rousseau, le magazine «Causeur» d’extrême droite a titré, ironique : «Patriarcat acoustique». L’expression dit malheureusement vrai.

Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale lors débat sur le projet de loi de finances de la Sécurité sociale pour 2026 à Paris, le 12 novembre 2025, et le rappel à l'ordre du député UDR Gérault Verny. (Thomas Samson/AFP)
Publié le 11/12/2025 à 6h48

Le 12 novembre 2025, le député UDR Gérault Verny attaque en Chambre la députée écologiste Sandrine Rousseau : «Au titre de l’article 100 sur la bonne tenue de nos débats madame Rousseau, est-ce que vous pourriez éviter de hurler quand vous prenez la parole, vous nous cassez les oreilles !»

En réaction, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, interrompt avec colère Gérault Verny : «Ce n’est pas acceptable, je vous rappelle à l’ordre… C’est honteux… Je ne tolérerai aucune attaque sexiste dans cet hémicycle. C’est fini. C’est fini.»

Une semaine plus tard, de l’autre côté de l’Atlantique, l’éditorialiste de droite Mathieu Bock-Côté est de passage dans son «pays» pour présenter son dernier ouvrage sur le plateau du Tout le monde en parle québécois.

Il répond aux questions de l’animateur (affirmant ses opinions politiques, qu’on connaît pour les avoir entendues sur CNews), rythme mitrailleur, ton haut perché, un soliloque dense et compact qui interdit toute intervention de type paisible.

Car pour réagir, il aurait fallu interrompre en parlant plus fort, plus rapidement, il aurait fallu véritablement (contre-)attaquer.

Au lendemain de ce passage à la télévision publique, personne n’a rep

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