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Libération
Chronique «Interzone»

Pour la souveraineté de l’utérus, la lutte continue

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L’assaut «légal» de la Cour suprême américaine est l’une des offensives les plus violentes du mouvement de contre-réforme face à la révolution féministe et antiraciste en cours. Face à cela, il faut cesser de penser le sujet féministe en termes de féminité naturelle pour s’intéresser aux usages politiques du corps.
Une manifestation pro-choix à Londres en mai, devant l'ambassade des Etats-Unis. «Ne touchez pas à mon utérus», peut-on lire sur une pancarte. (Zuma. ABACA)
publié le 1er juillet 2022 à 15h41

Alors que la guerre pour la souveraineté du territoire ukrainien redéfinit la cartographie géopolitique et accélère la militarisation de l’Europe, une autre guerre pour la souveraineté des corps et des organes progresse inexorablement, mais dans ce cas, non seulement du côté de la Russie, mais aussi des Etats-Unis. Le terrain épistémo-politique sur lequel nous marchons est en train de virer et nous pourrions glisser sans nous en rendre compte – nos consciences éclipsées par la pandémie et par l’hypnose médiatique – vers un régime de pouvoir néomasculiniste et raciste, prétendument démocratique, mais en réalité de caractère fondamentaliste.

Un peu plus d’un an après que Trump et ses partisans ont tenté un premier coup d’Etat aux Etats-Unis, l’abrogation du droit à l’avortement représente de facto un coup d’Etat patriarcal au niveau constitutionnel. L’utérus est le Capitole de la biopolitique, le siège même du pouvoir reproductif. Cet assaut «légal» contre la souveraineté de l’utérus, orchestré au cœur de la Cour suprême, est sans doute l’une des offensives les plus violentes du mouvement de contre-réforme face à la révolution féministe et antiracist