Il est une catégorie de journalistes qui mériteraient un authentique Nobel de l’article acrobatique : les confrères et consœurs d’agences de presse, chargé·es de rédiger à chaud les dépêches titrées : «Ce qu’il faut retenir». Et notamment «Ce qu’il faut retenir» des discours de Donald Trump. Dans la bouillie de blagues, d’insultes, de complaintes, d’obsessions, d’erreurs plus ou moins volontaires, de lapsus et de mensonges du bientôt octogénaire, il s’agit de feindre, de dénicher de véritables morceaux d’information, solides, consistants, faisant bonne figure dans une assiette, ressemblant à un véritable discours présidentiel.
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Ces articles partent, en effet, du principe qu’il y a «quelque chose» à retenir. Avec la retransmission intégrale en direct de ses discours, de son embarquement dans Air Force One et de son arrivée héliportée à Davos («il doit être dans cet hélicoptère, à moins qu’il soit dans celui-ci, voilà il descend, ah non ce n’est pas lui…»), de son embarquement dans la célèbre «The Beast» blindée, ils sont un élément du dispositif implicite de légitimation médiatique du personnage.




