A l’heure où la France bitumée lève le poing contre la réforme des retraites, Jean Dujardin apparaît dans un film intitulé Sur les chemins noirs, inspiré du récit de l’écrivain Sylvain Tesson, qui s’était lancé dans une drôle de convalescence aventureuse pour se remettre d’une chute qui avait failli lui être fatale. La sociale bat le pavé et engloutit les rues des cités sous la masse de sa colère bruyante quand, à l’écran, le plus français des acteurs prend l’exact contre-pied et s’éloigne en silence. Les manifestations débordent de République à Bastille, des métropoles régionales jusqu’aux sous-préfectures. Pendant ce temps, Dujardin-Tesson emprunte la «diagonale du vide», cet axe du dépeuplement et du délaissement, et arpente la ruralité abandonnée par un Hexagone qui est loin d’avoir remis la ville à la campagne, malgré télétravail et néoruraux. Arrêtons-là cette opposition forcée entre la foule en nombre et l’acteur populaire qui aurait viré solitaire. Les hasards du calendrier n’autorisent pas à tenter tous les rapprochements. Voyons plutôt comment Dujardin
Chronique «Ré/Jouissances»
Quand Jean Dujardin œuvre au noir, par Luc Le Vaillant
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Le plus français des acteurs hexagonaux se dépouille de sa faconde habituelle pour incarner l’écrivain Sylvain Tesson et redécouvrir les campagnes désertées d’un pays perdu, le sien.
Jean Dujardin dans le film «Sur les chemins noirs» de Denis Imbert. (Thomas Goisques/Apollo Films. Radar Films. TF1Studio. La Production Dujardin)
Publié le 27/03/2023 à 22h30
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