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Chronique «Médiatiques»

Quentin Deranque : le tendre portrait d’un néofasciste, par Daniel Schneidermann

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C’est un étudiant modèle, travailleur, pieux, bon frère, bon fils, épris de nourritures spirituelles, que raconte «le Figaro», qui réussit la performance de ne jamais écrire noir sur blanc les mots «néofasciste», «néonazi» ou même «extrême droite».

Quentin Deranque décédé des suites d'un grave traumatisme crânien après avoir été agressé par au moins six personnes, le 12 février 2026, à Lyon. (-/AFP)
Publié aujourd'hui à 18h07

Dans le portrait de Quentin Deranque que signe Paul Sugy dans le Figaro, ce témoignage : le jeune identitaire était «un gringalet, plaisante avec tendresse son colocataire Rémy». Ce mot, sous la plume du portraitiste : «tendresse». La «tendresse» des néofascistes, ces émouvants gringalets qui jouent aux gros durs. Nous vivons depuis une semaine dans la déclinaison sans fin de cet oxymore cauchemardesque : un martyr néofasciste.

C’est l’histoire d’un étudiant modèle, travailleur, pieux, bon frère, bon fils, épris de nourritures spirituelles, que raconte le Figaro, sous le titre : «Catholique et identitaire, qui était Quentin Deranque, lynché pour ses idées ?». D’un jeune homme qui s’est mis récemment à la boxe, malgré sa maigre corpulence.

S’il a commencé aussi la musculation, «c’est pour ne plus se laisser faire sur un ring», poursuit le colocataire «Rémy» (dépourvu de nom de famille, comme «Quentin», manière coloc, sans façons). Ce jeune sportif était aussi «réputé pour sa culture». Il a lu «les écrits d’Anacharsis Cloots sur la Révolution française, un jacobin tenant d’une République universelle et guillotiné en 1793 par la Conven

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