Le 13 novembre 2015, les jihadistes ont massacré au nom d’un dieu vengeur. Cet Allah en fureur détestait la danse et le vin, la musique et la fête, le sexe non reproducteur et les amours homosexuelles. A l’époque, la France a résisté avec grandeur et gravité à ce choc majeur, à cette réplique généralisée des tueries ciblées de janvier 2015. Pour défendre son mode de vie jouisseur et mélangé, le pays a exhumé une valeur négligée, tant elle semblait aller de soi : la laïcité. Mieux, il a revendiqué le droit au blasphème et à l’anticléricalisme.
Dix ans après, rien ne va plus. Enterrés par Nietzsche, les dieux morts ressuscitent pour le malheur de l’humanité. Les identités pleurnicheuses, les déplorations mélancoliques et les peurs de blesser ces pauvres petits croyants se liguent pour s’attaquer au droit d’engueuler ces divinités, et même de les emmerder. Ce droit, je vais l’exercer à nouveau, en reprenant à mon compte l’excellente formule de Richard Malka, l’avocat de Charlie. Il va donc s’agir d’un triple bras d’honneur aux fondamentalistes résurgents, aux communautaristes plaintifs comme aux observants suprémacistes qui, à chaque fois, veulent prescrire la bonne façon de mange




